Les commerces
| Les métamorphoses d'une ville |
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Villefranche-sur-Saône a-t-elle changé? Pour l'automobiliste qui traverse la ville en vue de rallier le sud du pays ou pour le visiteur qui fait son shopping dans la capitale du Beaujolais, la transformation ne saute pas aux yeux. Toujours cette magistrale rue Nationale -le cœur palpitant de la ville depuis le XIIe siècle- à descendre et à remonter; toujours cette délicieuse odeur de praline grillée qui met l'eau à la bouche et fait dire depuis des lustres aux Caladois: "Tiens, ça sent la Blédine. Le vent a tourné, il va faire de l'orage!" Et pourtant... La physionomie de la ville a bougé. Discrètement, par petites touches, étalées au cours des décennies: de nouveaux quartiers qui ont vu le jour (rue Paul-Bert, les Marais), des bâtiments ont été transformés (l'hôpital), quelques constructions audacieuses ont surgi (comme la nouvelle mairie ou l'immense marché), des logements sociaux ont remplacé ici des champs, là un vieux château... Rien d'ostentatoire, pas de projets pharaoniques. Juste une ville qui vit dans son temps et s'urbanise...
Comme partout, il y a eu des démolitions, jugées regrettables aujourd'hui, parce qu'elles laissent comme un trou dans le tissu architectural: le joli kiosque à musique de la place des Arts, l'imposante fontaine de la place du Promenoir ou la maison Eden-Park signée de l'architecte Léon Weber, avec ses huit chambres et huit salles de bains. Ce pur joyau années 1930 a laissé place à un supermarché à enseigne criarde, surmonté d'un immeuble... Mais, dans l'ensemble, Villefranche-sur-Saône semble avoir connu un développement harmonieux. Elle s'est aussi étendue aux communes alentours (Beligny, Ouilly, Gleizé, Limas), rattachées en 1853 sur décision impériale, ce qui a porté sa population de 24 500 habitants en 1962 à 32 000 aujourd'hui. La ville a réussi sa mue économique, tout en restant fière des Vermorel, Bonnet et autres grands noms qui firent sa prospérité. Le passé industriel a laissé vives ses marques, comme en témoigne la belle reconversion de l'annexe du musée Paul-Dini. On aperçoit, certes, moins de cheminées. Mais encore des ateliers de brique, avec leur toit si caractéristique en chaids qui laissent entrer la lumière du nord, ou quelques maisons de maître adjacentes... Comme le note, les yeux un peu rêveurs, un Caladois de souche: "Ici, on a construit des voitures, des avions. On aurait pu devenir Vénissieux..." Source : L'express.fr |










